Le Bloganesh

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samedi 30 juin 2007

1998 - 40ans - Marché de la création


Dimanche 3 décembre 1998. Il fait froid sur le quai Romain Rolland. Alors je fais attention de ne pas casser une sculpture avec mes doigts engourdis par le froid. Il faut s'installer au plus tard à huit heures et demie. Ensuite c'est fini, plus moyen de caser sa table de camping, les collègues ont tout pris. Et je me serais levé tot sans pouvoir aller vendre mes sculptures. J'ai mes coins préférés. A coté de Nicolas, qui sculpte des galets ramassés au bord du Rhône. Ou alors en face du restaurant "Nulle pierre ailleurs".
Ca y est. Le papier canson est installé. De grandes feuilles gris bleu qui mettent en valeur Ichneumon, Emphythéotique ou Dostoïevski va à la plage.
Ah c'est Aurélie qui vient nous offrir sa soupe. Cette semaine c'est poireaux avec des lardons. Ca fait du bien. Chacun à sa méthode pour tenir jusqu'à 13 heures dans le froid. Catherine et Hervé proposent d'aller se boire un café de l'autre côté de la Saône. On discute du Burkina fasso (Catherine y était la semaine dernière). Ca y est, il est 10 heures et les premiers clients arrivent. Comme je fais de la terre, je connais les questions qui vont m'être posées.
"C'est cuit à quelle température ?"
"Est ce que c'est fragile ?"
"Et celle ci, vous la vendez combien ?"
J'ai beaucoup appris les dimanche matin sur le marché de la création. Tout d'abord que ma sculpture plaisait aux enfants. C'était agréable de discuter avec eux. Ils voyaient Goldorak là ou j'avais fait un dieu de l'île de Pâques. Parfois ils me confiaient leurs petits secrets. Julien venait souvent. Alors ses parents le laissaient devant ma table, le temps d'aller voir plus loin sur le marché puis ils le récupéraient au retour.
Ensuite comment marche le commerce. Au début, partant du principe que l'art doit être accessible, je proposais mes pièces au prix de revient (terre, cuisson,...) majoré de 20%. Ca ne marchait pas terrible. Alors j'ai monté les prix. 50 francs pour les petites pièces, 200 francs pour les moyennes et 500 pour les grosses. Et là j'ai bien vendu.
J'ai aussi connu des gens étonnants et c'est surtout ce qui m'a enrichi. Hervé, le poète. Il posait ses livres de poésie puis allait discuter avec les autres artistes à l'autre bout du marché. Michel, un bijoutier qui est devenu un ami (on se voit toujours). Je n'aurai jamais croisé la route de ces gens là sans être allé chaque dimanche sur ce marché. Bien sur j'y étais allé de nombreuses fois auparavant, mais comme passant ca n'est pas pareil.
En écoute : La complainte du progres , de Boris Vian, par Orquestra do Fuba

mardi 26 juin 2007

L'envers du décor

Depuis plusieurs années, je m'intéresse beaucoup à ce que j'appelle l'envers du décor. Pour donner depuis plusieurs années des concerts en orchestre, je connais les coulisses et les loges d'une salle de spectacle. La genèse d'un film ou d'un tableau m'intéressent parfois autant que l'oeuvre elle même. J'ai eu l'occasion de passer pour une soirée derrière le bar d'un bistro, et j'ai beaucoup apprécié d'avoir une autre vision des choses.
Ceci correspond à la suite de ce que je vous expliquais dans les dimensions cachées. Je sais que je ne perçois pas la réalité comme les autres personnes, celles qu'on appelle "normales". Et l'envers du décor, c'est une autre dimension de notre monde. Elle peut paraître insignifiante. Mais à l'instar du battement d'ailes du papillon de New york qui déclenchera un tsunami à Pékin, cette autre dimension me semble bien plus importante.
En écoute : Mannix , de Lalo Schifrin (morceau que j'ai joué dimanche dernier aux championnats de france de tuba)


lundi 25 juin 2007

1966 Les championnats de france

Le jeune gymnaste que je suis à huit ans est tout content car il va partir en voyage. Et oui, avec mes copains de l'ASTUS (c'est le nom du club de gym) nous nous préparons à aller à Nantes aux championnats de France. Je n'étais pas très doué en sport étant jeune mais j'aimais bien aller à la gym. Déjà parce que mon meilleur copain y allait. Et puis il y avait une bonne ambiance dans ce club.
Une fois arrivés à Nantes nous nous installons dans une école. Et le printemps est bien agréable. On se réchauffe aux premiers rayons du soleil, après une douche en extérieur.
Puis le grand jour de la compétition arrive. Nous devons, à dix heures, faire notre mouvement d'ensemble. Il s'agit d'une suite de pas, roulades, et sauts devant bien sur être exécutés en même temps par tout le groupe. Et la j'ai parfois du mal à garder le rythme. C'est pourquoi Madame Dubois, a pensé qu'il valait mieux m'écarter du groupe. Elle a décidé de m'emmener en ville acheter la mascotte du club (un singe en peluche je crois). Mais alors que nous sommes dans le magasin je lui dis qu'il faut se dépêcher, car je vais rater la compétition. Finalement, à force d'insister nous revenons vers le stade. Et j'arrive juste à la dernière seconde pour prendre ma place et faire avec mes camarades le fameux mouvement d'ensemble.
Je ne me rappelle pas de la note que nous avons eue.
Quarante ans plus tard, j'ai à nouveau participé aux championnats de France. Cette fois ci en jouant du tuba, puisqu'il s'agit du championnat d'harmonie, qui se déroulait hier à Oyonnax (une harmonie est un orchestre de vents, une sorte de grosse fanfare). Et cette fois ci c'est Marc, un collègue tubiste qu'on a écarté du groupe. Il faut dire qu'à son age il commence à avoir des problèmes, et a parfois bu un ou deux verres de trop pour entendre toutes les notes qu'il doit faire.
Vous me reconnaîtrez sans problème sur la photo, je me cache derrière ma trompe :)

vendredi 15 juin 2007

Les tiroirs de cuisine

Le bloganesh est reparti après une petite période de pause. Ma vie m'avait temporairement éloigné des PC :)


J'ai une fascination pour les tiroirs de cuisine. Je ne parle pas du tiroir d'un meuble de cuisine en formica où sont alignés au garde à vous couteaux et autres petites cuillers. On est dans une vieille ferme un peu délabrée, où on passe quelques jours chez des amis. Ils sont partis acheter le pain et on a préféré rester à la maison. C'est un tiroir sous une vieille table de cuisine en bois patinée. Alors on ouvre ce tiroir qu'on n'avait pas remarqué la veille.

Il y a la dedans tout un bric-à-brac. Quelques bouchons conservés. Des fusibles des fois que l'électricité saute. Une boite en fer blanc avec des boutons nacrés et colorés. Une boite d'allumettes du Mali (surement un souvenir ramené de vacances et déposé la religieusement, car la boite est pleine). Une carte postale de Mailly-Maillet envoyée par Tata Georgette en 1972. Quelques crayons de couleur machouillés qui s'ennuient maintenant que la maison ne sert plus que pour les vacances.

On range ici tout ce qu'on ne sait pas ranger ailleurs dans la cuisine. Les objets qui sont déposés la n'ont aucune chance d'en ressortir, si ce n'est pour aller dans la poubelle. En fait, ces tiroirs de cuisine sont des greniers miniatures. Petits et grands prennent plaisir à regarder ce qui s'y trouve. A ré-inventer la vie de ces objets.

En écoute : Esse Cara Te , par Maria Bethania