J'ai passé la soirée d'hier chez des amis. Valentine, leur fille, m'a donné deux dessins. Vous en voyez un au dessus.
Elle m'a demandé de lui dessiner un bonhomme. Une fois le bonhomme dessiné, j'ai trouvé une manière originale de dessiner à deux mains : Valentine tenait le feutre, et je tenais la main de Valentine. Chacun devait tenir compte de l'envie de l'autre. Quand Valentine a fait un chapeau très allongé, j'ai pensé "pas glop". Mais je l'ai laissé faire, par curiosité. Par contre, pas question de faire une vache sans tête. Valentine a du laisser ma main guider le feutre. Au final les dessins nous ont plu et chacun aurait été incapable de les réaliser seul.
Les jeunes enfants ont une créativité exceptionnelle. Leurs dessins sont magnifiques. Puis, vers huit ans ça s'estompe. L'enfant fait alors le dessin que les adultes ont envie de voir. On lui apprend des techniques qui gâchent cette créativité.
C'est pareil en musique. Mettez un enfant de quatre ans devant un piano, et vous aurez une improvisation d'une richesse sonore inouïe. Alors qu'avec un enfant de huit ans (n'ayant jamais fait de piano) devant le même instrument, l'espace sonore vous paraîtra terne, sans intérêt. Ce qui ne veut pas dire sans décibels :)

En écoute : Bachianas Brasileiras, aria, de Villa Lobos, par Barbara Hendricks et 8 violoncelles du Royal Philarmonic Orchestra