C'est en hiver, un jeudi soir pluvieux. Je vais écouter la messe en Si de Bach. Il faut attendre pour entrer dans cette église parisienne. Je sors mon parapluie, et aperçois devant moi une charmante brune aux yeux bleus. Voudrait elle s'abriter sous mon parapluie?
Mais que faire vis a vis de cette jeune fille qui m'a déjà charmée ? Je m'en remets au kapelmeister, Jean Sébastien. Il me conseille d'attendre. Une fois le concert terminé, je lui propose de la raccompagner chez elle dans ma vieille R6 verte. Johanna est canadienne anglophone (de Vancouver). Arrivée devant son immeuble où elle est jeune fille au pair, nous nous séparons sans oublier d'échanger nos numéros de téléphone.
Quelques jours après elle restera jusqu'à quatre heures du matin chez moi. Nous discutons beaucoup. Heureusement que j'ai bien écouté en cours d'anglais au lycée. Puis le grand silence que seuls les musiciens savent apprécier. Tic-tac du réveil qui sonnera dans deux heures. Que faut il faire ? Elle me dit avoir un boyfriend au Canada. Elle m'a suivi chez moi, c'est donc que je l'intéresse aussi. Souvenir de la scène de "tirez sur le pianiste" ou Charles Aznavour est confronté au même dilemme. Il ne fau agir ni trop tot ni trop tard.
Finalement nous coucherons ensemble une seule fois. La culpabilité de tromper son boyfriend, liée à son éducation catholique l'empêchera de profiter de la vie. Cependant nous passerons de très bon moments ensemble (restaus, ciné, visite dans Paris des coins qu'un étranger ne trouverait jamais)
En écoute : Duo des chats, de Rossini, Elisabeth Schwarskopf et Victoria de los Angeles (pianiste inconnu)