Le Bloganesh

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jeudi 8 mai 2008

1993 - 34 ans Isabelle remplace Paule dans mon coeur

Depuis quelques mois je vis l'amour fou avec Paule. Je sais que j'ai trouvé la femme de ma vie. Je raconterai plus tard comment j'ai dragué Paule et les premiers mois de cette aventure sentimentale. Mais au mois de juin 1993, tout s'arrête. Paule filtre sur son répondeur téléphonique et ne répond pas à mes appels répétés. Deux lettres ne produisent pas plus de résultat. Je rencontre alors Isabelle chez une amie. Elle me propose d'aller nous baigner au lac d'Aiguebelette.
Isabelle est très bonne nageuse, c'est une sportive qui entretien son corps par la montée et descente régulière des quatre étages de son immeuble. Une fois au bout du lac, loin des regards de la plage, nous enlevons nos maillots de bain. Des roseaux attirent mon attention. Mais au bout du lac il n'y a plus assez d'eau pour nager. Il faut me lever, et montrer cette érection que la nage a proximité d'Isabelle à provoqué.
Une fois de retour dans mon appartement, nous discutons musique. On évoque un ciné pour la soirée. C'est alors que j'entends Isabelle me dire : "On baise ou on va au ciné ? " Aucun homme ne saurait résister à cette proposition. Je lui réponds : "On baise et ensuite on ira au ciné". Je sers deux verres de Bordeaux rouge sur la table de nuit. Isabelle me dira par la suite que c'est la vue de mon sexe qui lui a donné envie de faire l'amour.
J'aurai un an plus tard des nouvelles de Paule par Joëlle, qui m'a donné des cours de yoga. Le plus étonnant est que Joëlle est aveugle.
(1) Pour préserver la vie privée des personnes citées, tous les prénoms sont changés. Merci aux lecteur (trices) qui connaissent suffisamment ma vie de ne pas dévoiler leur prénoms réels. Ce billet sera complété par une photo et de la musique, mais plus tard ...

mardi 29 janvier 2008

1983 Je dors sous une canadienne

C'est en hiver, un jeudi soir pluvieux. Je vais écouter la messe en Si de Bach. Il faut attendre pour entrer dans cette église parisienne. Je sors mon parapluie, et aperçois devant moi une charmante brune aux yeux bleus. Voudrait elle s'abriter sous mon parapluie?
Mais que faire vis a vis de cette jeune fille qui m'a déjà charmée ? Je m'en remets au kapelmeister, Jean Sébastien. Il me conseille d'attendre. Une fois le concert terminé, je lui propose de la raccompagner chez elle dans ma vieille R6 verte. Johanna est canadienne anglophone (de Vancouver). Arrivée devant son immeuble où elle est jeune fille au pair, nous nous séparons sans oublier d'échanger nos numéros de téléphone.
Quelques jours après elle restera jusqu'à quatre heures du matin chez moi. Nous discutons beaucoup. Heureusement que j'ai bien écouté en cours d'anglais au lycée. Puis le grand silence que seuls les musiciens savent apprécier. Tic-tac du réveil qui sonnera dans deux heures. Que faut il faire ? Elle me dit avoir un boyfriend au Canada. Elle m'a suivi chez moi, c'est donc que je l'intéresse aussi. Souvenir de la scène de "tirez sur le pianiste" ou Charles Aznavour est confronté au même dilemme. Il ne fau agir ni trop tot ni trop tard.
Finalement nous coucherons ensemble une seule fois. La culpabilité de tromper son boyfriend, liée à son éducation catholique l'empêchera de profiter de la vie. Cependant nous passerons de très bon moments ensemble (restaus, ciné, visite dans Paris des coins qu'un étranger ne trouverait jamais)
En écoute : Duo des chats, de Rossini, Elisabeth Schwarskopf et Victoria de los Angeles (pianiste inconnu)

mercredi 28 novembre 2007

1962 le chat et le vaccin anti variolique

Nous sommes le trois février mille neuf cent soixante deux. C'est l'hiver à Stains, en banlieue, au Nord de Paris. J'aime bien cette maison, et surtout le robinet du jardin qui permet des jeux dont je ne soupçonnais pas l'existence. Mais en hiver, je me contente de l'approcher de loin. On reverra ça dans quelques mois.
Maman me dit que nous allons aller chez nos voisins. Patrick et Patricia Eugene. Patrick poussa son premier cri deux ans avant moi, Patricia a mon age.
Il fait nuit et il pleut. Nous entrons dans leur cuisine. Hummm mais quelle est cette bonne odeur ? Je réalise qu'il y a une marmite de soupe qui cuit sur la gazinière. Bon, on verra ça plus tard. Il y a mon grand copain.
C'est Mistigri, le chat des voisins. Vite, il faut aller le caresser avant qu'il s'en aille. J'ai compris que les chats n'en font qu'à leur tête. Pendant ce temps, les grands discutent. Ah oui, il y a ce truc dont elle m'a parlé hier. Ah mais la mère de Patricia la déshabille. Dans la cuisine ! C'est bizarre, on ne va tout de même pas la mettre dans la marmite ? Non elle est trop grosse, et la soupe de petite fille ça n'existe pas. Ah tiens, Patricia pleure.
Bon le chat me raconte sa dernière chasse de souris. Beaucoup plus intéressant. Je mets mon index devant sa truffe. Ah mais que se passe-t-il ? Il me lèche le doigt. C'est agréable cette langue râpeuse. Il faudra que j'essaye de mettre le doigt dans le manger pour voir si il le lèche encore.
Tiens maintenant c'est Patrick qui est torse nu. Ah mais oui, il va aller a la salle de bains. On nous met des fois tous les deux dans la baignoire. J'ai pas trop envie d'aller dans l'eau. Si je me cache derrière Mistrigri, je suis sur que j'échappe à la baignoire.
Il y a du danger, il faut faire attention. Tiens, Maman prend une boite en métal. Faudra aller voir ça de plus près une fois rentré à la maison. Ca y est j'ai compris. C'est la piqure dont elle m'a parlé hier soir. Je crois que je vais y avoir droit.
Bingo ! On m'appelle. Et Mistigri qui est parti. Je dois répondre. En faisant ma tête de gentil garçon. On m'enlève mon pull et mon maillot de corps. Maman me met un truc blanc qui fait froid sur la peau. Et encore la boite grise. Elle en sort une piqure. Mais pourquoi Patricia pleurait ? C'est joli. Ah tiens maintenant l'aiguille est dans mon corps. C'est rigolo ce truc. Bon je sens qu'on va rentrer à la maison. L'odeur de soupe se remet dans mes narines. Quand est-ce qu'on mange ?

En écoute : Duo des chats, de Rossini, Elisabeth Schwarskopf et Victoria de los Angeles (pianiste inconnu)

dimanche 25 novembre 2007

1970 La natation

J'ai douze ans et nous venons de déménager.La nouvelle maison est plus petite, mais à quelques kilomètres de l'ancienne ce qui me permet de continuer à aller voir mes ami(e)s. On a failli partir en appartement et là je crois que ça ne m'aurait pas plu. J'ai toujours détesté avoir des gens qui me marchent sur la tête. J'ai changé d'école mais ça ne change pas grand chose.
Je vis dans cette maison avec ma mère et ma soeur. Ma mère a décidé que je devais apprendre à me battre. Si elle m'avait vu dans la cour de récréation elle n'aurait sûrement pas eu cette idée. Car j'avais déjà un côté "Obélix" bien marqué. Il lui semble que le judo est une bonne discipline et me propose d'en faire. Pour moi, le judo c'est des gugusses en pyjama qui se font des courbettes avant de se faire des croches pieds et ça ne m'intéresse pas du tout. J'essaye de la convaincre qu'il vaut mieux que je fasse de la natation.
C'est fait, je suis inscrit au club de natation. La piscine la plus proche est à Soisy, là où est notre ancienne maison. J'arrive dans les vestiaires et me voilà en maillot. Les autres gamins m'acceptent dans leur groupe. Il y a un "grand" de seize ans qui s'entraîne avec nous. On se moque de lui parce qu'il a des poils au zizi.
On nage sous les conseils de notre entraîneur. Il a un coté un peu adjudant, mais c'est un brave type. Pour la brasse, pas de problème, je sais faire. Par contre le crawl je n'ai aucune idée de comment on fait pour avancer. J'imite les copains et ça marche. Tout d'un coup, notre entraîneur balance des planches en plastique bleu dans la piscine. Il faut la prendre entre ses bras et faire des battements de pieds. 20 longueurs de piscine. Au bout de cinq j'ai mal aux chevilles. J'ai compris par la suite que les battements de pied se dirigent grâce à un mouvement des cuisses. Et il faut tenir ses chevilles pour éviter qu'elles partent dans tous les sens.
L'entraînement est fini. Je me demande comment j'arrive à marcher après avoir tellement nagé. Le retour sur mon vélo vert est un peu dur, ces chevilles n'en font qu'à leur tête.
Par la suite il y aura des entraînements en matinée pendant les vacances scolaires, des compétitions (avec un gros sandwich au pâté de foie le dimanche après midi à dix-huit heures), un voyage à Chamonix, des médailles, ...

samedi 30 juin 2007

1998 - 40ans - Marché de la création


Dimanche 3 décembre 1998. Il fait froid sur le quai Romain Rolland. Alors je fais attention de ne pas casser une sculpture avec mes doigts engourdis par le froid. Il faut s'installer au plus tard à huit heures et demie. Ensuite c'est fini, plus moyen de caser sa table de camping, les collègues ont tout pris. Et je me serais levé tot sans pouvoir aller vendre mes sculptures. J'ai mes coins préférés. A coté de Nicolas, qui sculpte des galets ramassés au bord du Rhône. Ou alors en face du restaurant "Nulle pierre ailleurs".
Ca y est. Le papier canson est installé. De grandes feuilles gris bleu qui mettent en valeur Ichneumon, Emphythéotique ou Dostoïevski va à la plage.
Ah c'est Aurélie qui vient nous offrir sa soupe. Cette semaine c'est poireaux avec des lardons. Ca fait du bien. Chacun à sa méthode pour tenir jusqu'à 13 heures dans le froid. Catherine et Hervé proposent d'aller se boire un café de l'autre côté de la Saône. On discute du Burkina fasso (Catherine y était la semaine dernière). Ca y est, il est 10 heures et les premiers clients arrivent. Comme je fais de la terre, je connais les questions qui vont m'être posées.
"C'est cuit à quelle température ?"
"Est ce que c'est fragile ?"
"Et celle ci, vous la vendez combien ?"
J'ai beaucoup appris les dimanche matin sur le marché de la création. Tout d'abord que ma sculpture plaisait aux enfants. C'était agréable de discuter avec eux. Ils voyaient Goldorak là ou j'avais fait un dieu de l'île de Pâques. Parfois ils me confiaient leurs petits secrets. Julien venait souvent. Alors ses parents le laissaient devant ma table, le temps d'aller voir plus loin sur le marché puis ils le récupéraient au retour.
Ensuite comment marche le commerce. Au début, partant du principe que l'art doit être accessible, je proposais mes pièces au prix de revient (terre, cuisson,...) majoré de 20%. Ca ne marchait pas terrible. Alors j'ai monté les prix. 50 francs pour les petites pièces, 200 francs pour les moyennes et 500 pour les grosses. Et là j'ai bien vendu.
J'ai aussi connu des gens étonnants et c'est surtout ce qui m'a enrichi. Hervé, le poète. Il posait ses livres de poésie puis allait discuter avec les autres artistes à l'autre bout du marché. Michel, un bijoutier qui est devenu un ami (on se voit toujours). Je n'aurai jamais croisé la route de ces gens là sans être allé chaque dimanche sur ce marché. Bien sur j'y étais allé de nombreuses fois auparavant, mais comme passant ca n'est pas pareil.
En écoute : La complainte du progres , de Boris Vian, par Orquestra do Fuba

lundi 25 juin 2007

1966 Les championnats de france

Le jeune gymnaste que je suis à huit ans est tout content car il va partir en voyage. Et oui, avec mes copains de l'ASTUS (c'est le nom du club de gym) nous nous préparons à aller à Nantes aux championnats de France. Je n'étais pas très doué en sport étant jeune mais j'aimais bien aller à la gym. Déjà parce que mon meilleur copain y allait. Et puis il y avait une bonne ambiance dans ce club.
Une fois arrivés à Nantes nous nous installons dans une école. Et le printemps est bien agréable. On se réchauffe aux premiers rayons du soleil, après une douche en extérieur.
Puis le grand jour de la compétition arrive. Nous devons, à dix heures, faire notre mouvement d'ensemble. Il s'agit d'une suite de pas, roulades, et sauts devant bien sur être exécutés en même temps par tout le groupe. Et la j'ai parfois du mal à garder le rythme. C'est pourquoi Madame Dubois, a pensé qu'il valait mieux m'écarter du groupe. Elle a décidé de m'emmener en ville acheter la mascotte du club (un singe en peluche je crois). Mais alors que nous sommes dans le magasin je lui dis qu'il faut se dépêcher, car je vais rater la compétition. Finalement, à force d'insister nous revenons vers le stade. Et j'arrive juste à la dernière seconde pour prendre ma place et faire avec mes camarades le fameux mouvement d'ensemble.
Je ne me rappelle pas de la note que nous avons eue.
Quarante ans plus tard, j'ai à nouveau participé aux championnats de France. Cette fois ci en jouant du tuba, puisqu'il s'agit du championnat d'harmonie, qui se déroulait hier à Oyonnax (une harmonie est un orchestre de vents, une sorte de grosse fanfare). Et cette fois ci c'est Marc, un collègue tubiste qu'on a écarté du groupe. Il faut dire qu'à son age il commence à avoir des problèmes, et a parfois bu un ou deux verres de trop pour entendre toutes les notes qu'il doit faire.
Vous me reconnaîtrez sans problème sur la photo, je me cache derrière ma trompe :)

samedi 7 avril 2007

1965 La queue du Ouistiti

J'ai maintenant sept ans. Cela fait quelques temps que nous sommes installés dans notre maison de Soisy et je m'y plais bien. J'ai de nouveaux copains, la vie est belle. Ca ne va pas durer éternellement, mais pas de précipitation, sachons savourer les bons souvenirs.
Je vais à l'école primaire rue Descartes. Papa m'a dit que son école était rue des quatre fils. Ca a l'air de lui faire plaisir que le nom de mon école ressemble au nom de la sienne. Moi je ne comprends pas trop, Descartes est un inconnu. J'aime bien cette école. Elle est typique des constructions des années 1950. La façade des murs est recouverte de briques. Bien sur cette école primaire n'est pas mixte. Il y a l'école de filles et l'école de garçons. Les deux cours d'écoles sont mitoyennes, donc à la récré des échanges (séparés par un grillage quand même) sont possibles.
Un manège vient de s'installer à la sortie de l'école. Une après midi, j'ai l'occasion de faire un tour de manège. C'est agréable le manège. Ca tourne, ca monte puis ca descend.
Tout en haut du chapiteau, il y a un ouistiti en peluche. Avec une longue queue. Si on arrive à toucher la queue du ouistiti, c'est un tour de manège gratuit de gagné. Tous les gamins ne rêvent que de ca. C'est l'objet de discussions tumultueuses dans la cour de récré. Comment faut il faire ? Personne n'y est encore arrivé, c'est la seule chose de sure. Chacun donne sa tactique. C'est décidé, ce soir c'est moi qui toucherai la queue du ouistiti.
Ca y est j'y suis presque. Je viens de rater la queue du ouistiti d'une main. Et je sais que mon tour de manège va bientôt se terminer. Ah encore un passage. Je me hisse le plus haut possible sur mes pieds. Ca y est je lève la main je vais l'avoir il est à ma portée. Et non c'est perdu. Au dernier moment le ouistiti s'est levé de dix centimètres. Il est pourtant en pluche. Comment est-ce possible ? J'ai réalisé bien des années plus tard que le propriétaire du manège avait une ficelle, et quand un gamin était près du but, il remontait le ouistiti.

En écoute : Thelionious Monk - Misterioso

dimanche 1 avril 2007

1958 : 0 Le fonctionnaire de l'état civil de Dugny

C'est le 4 novembre 1958 que les forces du destin et de ma mère réunies ont décidé de me projeter dans ce monde. Si j'en crois le journal du jour qu'on m'a offert bien des années après pour un anniversaire, le temps était variable, la bourse en hausse, on a coiffé le nouveau pape Jean XXIII de sa tiare et un pétrolier suédois éperonna un navire norvégien au large de Cherbourg.
Mon père, accomplit les formalités de déclaration d'état civil. Il fut pour cela accueilli par Alexis Gobin, officier d'état civil en mairie. Il avait été décidé que je m'appellerai Stéphane, Jean puis François. Ma mère tenait particulièrement à ce premier prénom, qui devait rappeler celui de ma grand-mère, disparue quand ma mère n'avait que 6 ans.
Arrivant au guichet de la mairie, Alexis eut du mal à comprendre mon père, sûrement ému par la naissance de son premier fils, ou alors ayant un peu trop fêté l'événement avec ses amis. Toujours est il qu' Alexis proposa Jean-Stéphane comme prénom, ce qui fut accepté immédiatement. Les reproches de ma mère ont sûrement été une cause de dispute. Mais ce prénom, trop long, ne m'a jamais désigné. Enfant on m'avait donné un surnom que le ridicule m'empêche de citer. Par la suite on m'a tout simplement appelé Stéphane. Il m'arrive cependant de recevoir parfois un courrier destiné à ce double que je n'ai jamais connu.

En écoute : Nina Simone - Don't let me be misanderstood


Petits cailloux et ricochets est un site internet participatif créé par Kozlika. On y raconte sa vie, au rythme d'un souvenir par an. Mais il faut le faire dans l'ordre. Comme ma mémoire n'est pas rangée en ordre chronologique, je les écris ici aussi. Si vous voulez jouer vous aussi : -> http://ricochets.des-blogueurs.org/